Vous êtes ici: Jean-Marie Boomputte >> Atelier >> Thèmes
Thèmes

Le prototype humain de Boomputte

Les personnages de Boomputte sont des gens du quotidien, ce sont des proches, des voisins, des collègues qui se présentent sans hiérarchie particulière. Ils sont arrondis et parfois refroidis. Boomputte les travaille sous tension et implique les deux sexes en accentuant leurs travers respectifs. C'est à nous, lecteurs et spectateurs, de découvrir les détails visuels qui explicitent ce qu'on pourrait appeler "la petite histoire", la "Vanity Fair".

Un moment primordial dans le processus est alors l'exploration du regard qui nous transmet des émotions diverses : la jalousie, la vanité, la volupté, l'orgueil ou l'envie. Les yeux sont ainsi les témoins de cette bourgeoisie hypocrite qui se concentre exclusivement sur les apparences physiques.

Pourtant, Boomputte n'est pas exempt de sympathie ou d'empathie à leur égard : est-ce pour cela qu'ils sont bien en chair ? Pour exprimer une certaine chaleur, une certaine cordialité ? C'est un des grands mystères de la peinture de Boomputte. C'est presqu'à regret qu'il confie un motif psychologique : "J'ai toujours rêvé d'être bien en chair puisque je me considérais trop maigre. Enfant, j'espérais toujours qu'il pleuve les jours où nous allions à la mer".

Le prototype masculin de Boomputte

Les messieurs sont chauves, arrogants, arrivés et satisfaits de leur situation. Ils sont souvent "cravate-club" et donnent une impression de frivolité et d'étourderie parvenue. Le look semble endimanché, plein d'effort, et finalement caricatural. Leur allure surdimensionnée est à l'image de leur identité d'anti-héroïsme désolé.

Ils s'appelent Robert, Roger, René.

Le prototype féminin de Boomputte

Les dames étalent leur charme avec la même bonhomie : elles sont plutôt bien en chair, et blondes. Elles font la monstration de leur position sociale à travers des vêtements et des accessoires de mode et de marque. Elles opèrent dans l'excès via l'infiniment-grand ou l'infiniment-petit. Il en va ainsi de leurs bretelles, toujours sur le point de tomber; de leurs décoletés, généreux et provocateurs; de leurs robes, trop moulantes et trop courtes; ou de leurs chaussures, trop pointues et trop bancales qui leur permettent de faire appel aux galants pour traverser la rue. Ensuite, il y a le sac à mains qui raconte leur histoire : il est soit trop petit pour y mettre quoi que ce soit, soit trop grand et il faut une demi heure pour chaque opération.

Elles s'appelent Marie-Christine, Marie-Henriette, Marie-Colette ou Marie-Chantale.

Le rouge de Boomputte (objet flash: zoom sur le rouge)

Le rouge chez Boomputte se décline toujours à n'en plus finir. Sa démarche aime, du carmin à l'écarlate, combiner des couleurs osées que personne ne penserait à assortir, comme le rose et l'orange. Pour Boomputte, c'est l'essence même de son travail : "Je tiens à mon rouge. De préférence du rouge à l'huile, l'acrylique n'a jamais pu me satisfaire. Même si j'ai du rouge en abondance, j'en achète toujours de nouveaux tubes. Parfois j'essaie d'éviter les couleurs vives, mais je ne peux pas m'empêcher d'appliquer du rouge".

Le rouge a la propriété d'exercer une forte attraction, et permet à l'artiste d'accentuer ses formes. Beaucoup de recherches scientifiques expliquent le phénomène sensitif des couleurs. Nous renvoyons à la synthèse de Suzie Chiazzari sur la question :

« La signification des couleurs n’a de sens que dans le système auquel il appartient et donc est souvent très subjective ; difficile de séparer la psychologie (culturel) de la symbolique (émotionnel). Mais le rouge, c’est physique. Notre corps réagit aux impulsions de différentes ondes de lumière selon leur longueur et leur niveau de vibration. Le rouge émet les ondes les plus longues et le niveau de vibration le moins élevé. On dit qu'il stimule le coeur et améliore la circulation sanguine tout en fortifiant le corps et augmentant les globules rouges du sang. Les couleurs influencent aussi nos émotions et notre état psychologique. Le rouge, par exemple, est très vigoureux et on l'associe à des niveaux d'énergie et de stimulation très élevés. Il va main dans la main avec des adjectifs comme courageux, anti-dépressif, assuré, déterminé, amical, chaleureux et sensuel. » (Chiazzari, Suzie, The Complete Book of Color)

La caricature et l'humour chez Boomputte

Certains critiques ont rapproché l'univers humoristique de Boomputte des caricatures qui paraissaient dans les écrits spectoriales du 19e siècle. C'est un parallèle intéressant mais qui ne doit pas nous faire oublier que le mordant de l'artiste n'est jamais profondément amer ou agressif. Il se définit lui-même comme étant tout au plus moralisateur. Son but, s'il en est, serait plutôt de faire remarquer certains détails amusants, divertissants de la vie. Ces découvertes, ces manies bourgeoises ou snobs qu'il met en lumière dans ses toiles, il aime les partager et les faire partager. C'est cette envie de plaisanterie et de tendre insolence qui guide son imagination et ses coups de pinceaux.

Le critique Stéphane Rey a lancé le terme de "l'expressionisme bourgeois" pour qualifier le style de Boomputte, qui serait le seul porte-parole de la tendance : ce choix continu du thème et la reminiscence des expressionistes flamands réunis.
bien en chair

chauve

sac à mains

brettelles

décoletté

rouge intense

 
Oeuvre
Atelier
Thèmes
Qui est-il ?
 
Exposition permanente



Lundi 14:00-18:00 (rendez-vous)
Mardi au Vendredi 12:00 - 18:00
Samedi 11:00 - 18:30
Dimanche 11:00 - 14:00

21, Rue Ernest Allard 1000 Bruxelles
Tél. 32 (0)2 512 98 59
www.contrast-gallery.com

La presse

« Waaruit bestaat het hoofdkenmerk, het wezen van de bon-vivant ? In de praktijk van het goede leven » suite